Papito Jack, comme on ne l'appelle pratiquement jamais, est un homme heureux. Une charmante épouse, un bambin adorable, un boulot rêvé de fonctionnaire fédéral et une place de choix dans la meilleure troupe de théâtre qui n’ait jamais répété au cinquième étage de la rue Joseph-Piller 8 et sur la pelouse de l'Alpina de Riederalp.

Natif de Sion (je sais ça aurait été plus drôle s'il avait été natif de Guttet-Feschel mais on naît à l'hôpital de nos jours), le fils à Dédé est venu à Fribourg pour commencer des études universitaires en l'an de grâce ... euh ... disons vers la fin du siècle passé, études qu'il a d'ailleurs brillamment terminées depuis (oui, bien sûr, le fantôme du DMG guette encore par la lorgnette, mais depuis le temps ça n'impressionne plus personne).

Homme talentueux, maniant avec aisance la plume, la spatule et le biberon (entre autres évidemment, je ne prétends à aucune exhaustivité), il possède en outre une culture cinématographique inversement proportionnelle au nombre de films qu'il a vus, pour le plus grand malheur de Nicolas qui, lui, doit la sienne précisément à son assiduité face à l'écran.

Sur scène, on garde généralement de lui le souvenir d'un dindon des Alpes-Maritimes courant vers la mer, mais l'image est très réductrice. Si, si. Il excelle aussi dans le rôle de l'aubergiste ronchon, tout accent rauque dehors, mais également dans le rôle du simplet étudiant en intelligence, ou encore du père de sa femme. Ses talents ont été remarqués au point qu'une autre troupe (que je ne citerai pas pour ne pas faire de pub à la Sarinia) lui a fait des avances qu'il n'a su décliner. Mais bon, on lui a dit, c'est la dernière fois.

Finalement, Jacques-André assure l'avenir de la Compagnie Théâtrale AOC, puisque grâce à Ana et lui celle-ci comprend depuis peu un nouveau membre, qui a été intégré d'office, à la naissance, comme le veulent nos statuts dignes d'une constitution totalitaire.

Et il va être précoce, le petit Joachim ! Papa lui apprend déjà à faire l'écureuil !

Florian